| Une scène de ménage dégénère en éclats de rire. L'habit fait le médecin, et les amoureux sont heureux. |
MOLIERE C’EST TROP BIEN
On ne s’ennuie jamais dans les spectacles de Colette Roumanoff. Qu’il s’agisse de Molière ou de contes traditionnels, ses adaptations et mises en scène sont, pour le spectateur, l’assurance d’oublier quelques heures les froidures de l’hiver. Pendant les vacances de Noël, la troupe présente en alternance, avec le même allant, une audacieuse adaptation de « Cendrillon » et un trio de pièces de Molière, « l’Avare », « le Médecin malgré lui » et « les Fourberies de Scapin ». Grâce à une mise en scène simple mais juste, on redécouvre avec plaisir, à rebours des relectures tendance, que Molière voulait d’abord faire rire. Résultat : les juniors réagissent au quart de tour à des répliques vieilles de trois siècles. Pas branché, peut-être, mais infiniment pédagogique.
Le Nouvel Obs
Drôles d'oiseaux mozartiens, Martine et Sganarelle, nouveaux Papageno et Papagena, jouent leur querelle affublés de costumes aux couleurs de l'arc-en-ciel. C'est que l'habit se veut avant tout explicatif et intemporel, la nourrice (interprétée par la pétulante Isabelle Lafitte) a des seins façon Jean-Paul Gaultier, Lucinde (jouée par la si gracieuse Valérie Roumanoff) porte un décolleté de roses délicates, l'habit du médecin revêt les ailes du noir corbeau...
Le texte offre un plaisir évident aux comédiens, car il est enjoué et dynamique à un point tel que Colette Roumanoff a intégré des chansons de transition entre certaines scènes à partir des phrases du dramaturge. La courte heure passée en compagnie de cette troupe nous replonge avec plaisir chez Molière.
Dans ce carnaval des coeurs, des costumes et des fonctions, bien dans le goût des comédies de Molière où chacun est désigné comme portant un masque, les personnages s'affrontent et se réconcilient dans l'allégresse collective.
Anne Kuntz - Theatre On Line
"Colette Roumanoff excelle nous faire ressentir les petites tragédies intimes que chacun rencontre dans le parcours de sa vie. Ses comédiens sont habités par un sens de la complicité et de la convivialité au milieu de décor naïfs et colorés qui emportent l'imaginaire infaillible du public."
Véronique Hotte - La Revue du Théâtre
| La dispute | Le Médecin et la nourrice | Le Médecin et Léandre |
| Le Médecin et Lucinde | Les coups de baton |
Dans cette pièce qui passe pour une farce sans conséquence, Molière mêle le thème du couple à celui de la médecine. La relation de couple est présentée dans ses trois états:
-La mésentente comme pain quotidien pour Sganarelle et Martine
-La résignation et le doute qui laissent une place à la tentation pour Lucas et Jacqueline
-Le nuage rose et délicieux de l'Amour-Toujours pour les jeunes premiers, Léandre et Lucinde.
L'humour est présent dès le départ. La scène de ménage qui ouvre la pièce est à juste titre une des plus célèbres du théâtre classique. Chaque réplique fait mouche. On passe insensiblement des reproches divers aux injures les plus variées et des injures aux coups. Un voisin qui vient au secours de la femme battue sert de bouc émissaire. "Je te pardonne mais je me vengerai" murmure Martine quand son mari s'en va couper du bois.
Le Médecin que Molière nous donne à voir n'est pas un vrai médecin, c'est Sganarelle, un bûcheron plein de ressources et d'astuces, déguisé "malgré lui" en médecin. On peut donc rire de lui, de son diagnostic, de ses explications, de ses remèdes. On s'aperçoit peu à peu que cette parodie de la médecine n'est pas si loin de notre vécu. La blouse blanche a remplacé la robe noire, les virus et les microbes ont pris la place des humeurs et des vapeurs, mais la relation du malade au médecin est restée pareille. La peur de la maladie et de la mort mettent le médecin sur un piédestal. Le discours médical, incompréhensible par définition et par fonction, ne répond pas à la question du malade: "pourquoi suis-je malade?"
Dans ce chassé-croisé entre la parodie médicale et les aventures des trois couples, le dessin des caractères, la dynamique des rencontres et des coups de théâtre s'inscrivent sur un fond de joie de vivre.
Les costumes aux couleurs vives et aux formes plus symboliques que réalistes illustrent joliment cette bonne humeur. La musique qui marque les grands moments de l'histoire ajoute des notes gaies et drôles à un spectacle qui l'est déjà beaucoup.

| mardi 4 novembre 2008 | 17h | standard | Fontaine |
| samedi 8 novembre 2008 | 17h | standard | Fontaine |
| mardi 11 novembre 2008 | 17h | standard | Fontaine |
| samedi 15 novembre 2008 | 14h30 | standard | Fontaine |
| lundi 15 décembre 2008 | 14h15 | scolaire | Fontaine |
| samedi 27 décembre 2008 | 14h30 | standard | Fontaine |
| samedi 10 janvier 2009 | 14h30 | standard | Fontaine |
| samedi 24 janvier 2009 | 14h30 | standard | Fontaine |
| lundi 26 janvier 2009 | 14h15 | scolaire | Fontaine |
| samedi 25 avril 2009 | 14h30 | standard | Fontaine |
| samedi 2 mai 2009 | 14h30 | standard | Fontaine |
| jeudi 21 mai 2009 | 14h30 | festival | Fontaine |
| mardi 26 mai 2009 | 14h15 | scolaire | Fontaine |
| Sganarelle | mari de Martine | Serge Catanèse |
| Martine | femme de Sganarelle | Catherine Vidal Anne-Laure |
| M. Robert | mari de Jacqueline | Jean-Luc Géniteau Patrick Rombi |
| Lucas | valet de Géronte | |
| Valère et Léandre | amant de Lucinde | Richard Delestre Fabrice Adment |
| valet de Géronte | ||
| Géronte | père de Lucinde | Jean-Louis Laurent |
| Jacqueline | nourrice chez Géronte | Isabelle Lafitte Marion Balay |
| Lucinde | fille de Géronte | Valérie Roumanoff |