Le Tartuffe

de Molière


tartuffe LE TARTUFFE de Molière
Mise en scène de Colette Roumanoff
Costumes : Katherine Roumanoff
Lumières : Nicolas Bats



Résumé

Tartuffe, virtuose de l’hypocrisie et de la langue de bois, passe aux yeux d’Orgon pour un saint homme. Orgon impose Tartuffe à sa famille comme maître à penser et pour se l’attacher il lui offre sa fille et sa fortune. La femme d’Orgon tend un piège à Tartuffe et fait voir à son mari ce qu’il refusait de croire. Tartuffe, démasqué, n’a pas dit son dernier mot.

Durée du spectacle : 2 heures


Photos


Presse

"Comment un maître de maison, trop crédule, peut se faire embobiner par un parfait tricheur, au point de vouloir sacrifier sa fortune et sa fille. Comment un parfait imposteur finit par se trahir car, au jeu de l'imposture, on trouve souvent plus fort que soi !
Une fois de plus, Colette Roumanoff nous offre la joie de redécouvrir un texte de Molière bien savoureux. Dans un décor on ne peut plus simple, une table et deux chaises, sa fidèle équipe se régale et nous régale. Mention spéciale à la pétillante Dorine (Isabelle Laffitte) qui a la réplique animée. Elle séduit d'emblée les jeunes spectateurs, et les fait beaucoup rire !
L'objectif est donc atteint, puisque, ici, classique rime avec comique. Les costumes, aux couleurs vives, renforcent cette impression de gaieté générale. Dans ce domaine, saluons le travail de Katherine Roumanoff. Durée 2h Idéal à partir de 10 ans."

Lamuse

 

«Colette Roumanoff nous invite à redécouvrir Tartuffe en allant puiser l'interprétation au cœur de la psychologie des personnages de Molière. La mise en scène efficace nous surprend de bout en bout avec une Dorine pleine d'audace qui nous fait rire, avec la sincérité dérangeant de Tartuffe enfermé dans sa dévotion… Nous recommandons vivement cette pièce qui vous rappellera à quel point Molière était visionnaire de la nature humaine.»
Samuel Guillememin La Théâtrothèque


Mise en scène

Le Tartuffe a été le plus grand succès de Molière. C'est l'histoire d'une famille aux prises avec un prédateur. Passions, rires, larmes et rebondissements en font une comédie très divertissante.

Tartuffe « vrai-faux » dévot

Aujourd'hui, Tartuffe est devenu synonyme d'hypocrite comme Harpagon est devenu synonyme d'avare. Harpagon aime sincèrement l'argent, c'est pourquoi il fait rire. Pour redonner à la pièce sa dimension comique, nous avons pris le parti de jouer un Tartuffe sincère de bout en bout. Hypocrite, il l'est aux yeux des autres, mais pas à ses propres yeux.

Pour faire lever l'interdiction de jouer sa pièce, Molière avait rebaptisé sa pièce « L'Hypocrite » puis « l'Imposteur ». Tartuffe, ce « faux » dévot par définition, ressemble beaucoup à un «vrai » dévot. Il parle tantôt comme un janséniste prêchant l'austérité, tantôt comme un jésuite cherchant avec le Ciel des accommodements, ce qui en fait, au niveau du discours, une sorte de « dévot complet ».

Un Tartuffe amoureux

Tartuffe, tombé amoureux d'Elmire, essaie désespérément de concilier sa passion religieuse et sa passion amoureuse. Le rire naît naturellement de cette contradiction. Tartuffe se réfère au Ciel en permanence et se croit au dessus des lois. Comme le dit Orgon, Tartuffe  avec le Ciel « est le mieux du monde », du moins il le croit. Cruellement humilié, il imagine aisément que les intérêts du Ciel et les siens sont les mêmes.

Un Orgon crédule.

La crédulité d'Orgon est le deuxième ressort comique de la pièce. Orgon voit en Tartuffe un saint homme sans lequel il ne peut plus vivre. Comme le dit Dorine « ses moindres actions lui semblent des miracles et tous les mots qu'il dit sont pour lui des oracles ». Pour s'attacher Tartuffe, Orgon veut lui donner sa fille en mariage. Quand Tartuffe fait mine de partir, il décide de lui donner aussi toute sa fortune. Tartuffe démasqué, la situation frôle le drame.

L'intervention du Roi « ennemi de la fraude » sauve in extremis la famille de la ruine et Orgon de la prison. Tartuffe est alors l'attrapeur attrapé.

La religion n'est pas vraiment le sujet de la pièce, c'est plutôt une mise en garde contre les tricheries de l'esprit humain, tricheries vis à vis de soi-même ou des autres, et contre les abîmes de la crédulité, où il est si facile et quelquefois si tentant de s'engloutir.


Les costumes

L'ensemble est très gai. Chacun des personnages de la Maison d'Orgon a une couleur fraîche et vive, déclinée ton sur ton. Ce qui a une vertu pédagogique : il est facile de reconnaître les personnages et de suivre le fil de l'intrigue. Les étrangers à cette maison se reconnaissent facilement.
Dans l'ordre d'apparition:
Madame Pernelle, mère d'Orgon: coquette devenue prude. Elle s'est rangée du coté de Tartuffe. Elle voudrait être respectée et respectable, ce qu'elle n'est pas. Son habit imposant couleur lilas-mauve passée, presque gris, évoque une autre époque. Elle n'a pu se résoudre à renoncer aux dentelles. Elle donne l'impression d'avoir été, de n'être plus, d'être fanée.
Dorine, en robe courte orange vif, ensoleille la maison. La toile de coton brut indique son rang social, les dentelles sur son décolleté montrent qu'elle est appréciée dans cette demeure. Elle veille à tout, sait être piquante et insolente pour obliger ses maîtres à réagir.
Elmire, d'humeur douce, est la reine de la maison. « Vêtue ainsi qu'une princesse » comme le souligne sa belle mère, elle porte une grande jupe rouge framboise dans le même damas que son mari. L'utilisation du même dessin textile, mais en des variantes colorées montre comment mari et femme sont intimement liés. La couleur framboise est un rouge mature. Il se dégage de l'habit d'Elmire une impression d'équilibre et de raffinement, qui ne laisse pas Tartuffe insensible.
Damis, le fils de la maison est une jeune pousse, son costume avec de riches passementeries montre le fils gâté, à qui rien n'était refusé avant l'arrivée de Tartuffe. En vert prairie presque acide et piquant, il s'emporte à l'exemple de son père, mais contre Tartuffe.
Marianne, l'air doucette et coquette, est en rose dragée à fleurs et à rubans. Comme le dit sa grand-mère elle est comme « de l'eau qui dort ». Le projet de son mariage avec Tartuffe déchaîne la tempête.
Cléante, le frère d'Elmire, l'homme du juste milieu, est en brun couleur terre, qui, ici, s'oppose au Ciel, dont Tartuffe nous rebat les oreilles. Il est posé, solide, mais personne ne l'écoute.
Orgon, en costume rouge aux reflets brillant, est tout feu tout flamme. Maître de la maisonnée, il s'emporte et se passionne. Comme il croit avoir découvert en Tartuffe le chemin de la sérénité, il se sent justifié à prendre tous les risques.
Valère, l'amoureux sincère, porte une veste en velours d'un bleu azur, assorti à ses yeux, et qui, mariée au rose de Marianne, forme un tableau idyllique de l'amour le plus tendre. Mais la réalité s'oppose à cette douce pensée. Confrontés à l'épreuve de Tartuffe, les amoureux se disputent. A la fin Valère vient, en vrai chevalier, sauver sa belle.
Tartuffe est un être à part. Son costume, rouge et noir à reflets violets, est d'une fausse simplicité. Quand on observe les détails, on y trouve une multiplicité de cols, celui de la cape, celui de la veste qui remonte très haut, celui de la chemise garni de dentelles. Les parties étroites de son costume s'opposent à des parties amples où les plis permettent de cacher de lourds secrets. Les fioritures de la passementerie parlent de son rêve de gloire. La cape gris souris dont le motif sinueux et répétitif rappelle une plante grimpante, évoque l'emprise que ce personnage peut avoir sur les autres.
Mr Loyal, l'huissier, porte une robe imprimée d'un dessin tortueux, gris et vieil or.
L'Exempt, envoyé du Roi, témoigne de la magnificence de la Cour , par ses couleurs dorés, canne et chapeau à plumes.
Il faut attendre le dernier acte pour voir s'imbriquer les coloris de tous les personnages de la famille d'Orgon, qui s'opposaient dans un feu d'artifice, et qui soudain forment un clan uni face à leur adversaire.


Repères historiques

L'interdiction du Tartuffe de 1664 à 1669

Bien que le Roi trouve la comédie « fort divertissante », il interdit qu'elle soit jouée en public. L'histoire de cette interdiction est un véritable roman où les grands personnages de la cour, l'Archevêque de Paris, le premier Président du Parlement, toute la gent littéraire et théâtrale de l'époque jouent un rôle. Pendant cinq ans la pièce est néanmoins donnée en privé chez des grands de la cour. François Rey et Jean Lacouture viennent d'y consacrer un livre passionnant « L'affaire Tartuffe » Molière et le Roi (Seuil).

La querelle des jansénistes et des jésuites.

Pour se plonger dans la querelle des jansénistes et des jésuites rien ne vaut la lecture des « Provinciales ». Pascal y met en scène un provincial candide, qui, cherchant à comprendre le fond de la querelle, découvre que la même proposition est « catholique » chez les jésuites et « hérétique » chez les jansénistes. Pascal déborde de malice et d'esprit lorsqu'il attaque les jésuites et leurs multiples accommodements avec le Ciel pour effacer les péchés, mais quand il défend la position des jansénistes, son humour disparaît.

A cette époque, la théologie occupe la Sorbonne et tous les grands esprits du moment. Les jansénistes prêchent une vie austère. Leur popularité fait craindre une nouvelle division de l'Eglise. Tout tourne autour de la question de la « grâce efficace » laquelle n'est pas donnée à tout le monde. Cela est affirmé par Saint Augustin, lequel étant saint ne peut pas être contredit. Les jansénistes le proclament et en tirent toute une philosophie. Les jésuites le dissimulent de peur d'exclure « les forces de la liberté et le mérite des bonnes œuvres ». Dans un premier temps le pape interdit toutes discussions sur la grâce.

L'enjeu est de taille et le fond du débat est politique. Le Roi se doit de protéger la vie sociale, les bonnes œuvres aussi bien que les activités mondaines, il prend donc naturellement parti contre les jansénistes. Louis XIV aime les fêtes, affiche ses maîtresses. Son confesseur est un jésuite.

Rome établit un formulaire, condamnant les jansénistes comme « impies » et « hérétiques », que tout le clergé français doit signer. La polémique fait rage. Louis XIV se fâche et oblige le clergé à signer sous peine de confiscation des biens. Ensuite, en homme de gouvernement, il entame des négociations. La paix de l'Eglise est enfin rétablie par la défaite des jansénistes. C'est alors que la permission de jouer le Tartuffe est donnée.

Calendrier

chapeau
samedi 6 décembre 2008 14h30 standard  
Samedi 13 décembre 14h30 standard  
Dimanche 14 décembre 10H standard  
vendredi 13 mars 2009 14h15 scolaire  
samedi 14 mars 2009 14h30 standard  
lundi 16 mars 2009 20h30 standard  
samedi 21 mars 2009 14h30 standard  
samedi 28 mars 2009 14h30 standard  
dimanche 29 mars 2009 19h standard  
mardi 31 mars 2009 14h15 scolaire  
dimanche 17 mai 2009 19h standard  
vendredi 22 mai 2009 17h festival  

Distribution


Tartuffe  Serge Catanèse
Dorine Isabelle Laffitte
Orgon Patrice Vion
Madame Pernelle Jacqueline Zouari
Elmire Valérie Roumanoff
Marianne Lys Caro
Damis Thomas Fournier
Valère Fabrice Adment
Cléante Laurent Besançon